Jean DesprĂ©z naĂźt sous le nom de Laurette Larocque en 1906 Ă Hull au QuĂ©bec et elle dĂ©cĂšde Ă MontrĂ©al en 1965 Ă lâĂąge de 59 ans. Ses biographes indiquent quâĂ une Ă©poque oĂč il est difficile pour une femme de faire carriĂšre, elle dĂ©cide dâadopter un pseudonyme masculin, soit Jean DesprĂ©z.
AprĂšs avoir obtenu un grade supĂ©rieur dâĂ©tudes secondaires Ă Aylmer en 1922, elle intĂšgre une troupe de théùtre amateur qui se produit dans la rĂ©gion de Hull et Ottawa Ă la fin des annĂ©es 20. En 1930, elle rejoint Ă Paris son fiancĂ©, Jacques Auger, et elle entreprend des cours dans diffĂ©rents domaines : littĂ©rature, sĂ©mantique, phonĂ©tique, histoire de lâart, fabrication de dĂ©cors, confection de costumes. En 1933, le couple rentre au QuĂ©bec. Laurette Larocque est alors engagĂ©e Ă lâĂcole de musique et de dĂ©clamation de lâUniversitĂ© dâOttawa pour enseigner la diction, la phonĂ©tique et la mise en scĂšne. En plus des cours quâelle donne dans diffĂ©rentes institutions de la rĂ©gion, elle commence Ă Ă©crire des piĂšces de théùtre, Ă faire des mises en scĂšne et Ă tenir des rĂŽles sur scĂšne. En 1939, elle publie quelques nouvelles sous le pseudonyme de Carole Richard. Elle participe aussi Ă un concours dâauteurs sous le pseudonyme de Jean DesprĂ©z, ce qui lui permet dâobtenir un engagement comme scripteur de radioroman. Sa carriĂšre se dĂ©veloppera dĂ©sormais autour de lâĂ©criture, principalement de feuilletons radiophoniques (souvent quotidiens), mais aussi de nouvelles et de piĂšces de théùtre. Elle Ă©crit Ă©galement plusieurs chroniques de courrier du cĆur ainsi que des chroniques Ă caractĂšre plus social dans diffĂ©rents journaux quĂ©bĂ©cois.
Ses feuilletons les plus cĂ©lĂšbres et ayant eu la plus grande longĂ©vitĂ© furent « Jeunesse dorĂ©e » (1940-1965), « Yvan lâintrĂ©pide » (1945-1954) et « Docteur Claudine » (1952-1964). Ă la tĂ©lĂ©vision, le tĂ©lĂ©roman « La joie de vivre » connut un grand succĂšs de 1959 Ă 1963. En 1947, elle est nommĂ©e officier honoraire de la LĂ©gion canadienne.
Elle meurt dâune crise cardiaque le 27 janvier 1965. On relĂšve que plus de onze mille personnes se dĂ©placent Ă MontrĂ©al et Ă Hull lors des diffĂ©rentes cĂ©rĂ©monies funĂšbres en son honneur. Durant plus de trente ans, elle a alimentĂ© de sa prose tout aussi bien les journaux et magazines que les postes de radio et de tĂ©lĂ©vision.
Source :
Simard, François-Xavier et AndrĂ© La Rose. Jean DesprĂ©z (1906-1965) : une femme de tĂȘte, de courage et de cĆur. Ottawa, Ăditions du Vermillon, 2001, 447 pages.
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