Cher domaine public, nous ne t’oublions pas!

En ce 1er janvier, nous célébrons à la fois le début d’une nouvelle année et la Journée du domaine public.

Il est important de souligner par écrit cette journée, doublement spéciale, du 1er janvier: nous célébrons à la fois le début d’une nouvelle année et la Journée du domaine public.

Aujourd’hui, des œuvres ne tombent pas dans le domaine public, mais s’y élèvent puisqu’elles participent à la création d’une formidable source d’idées et de connaissances à la disposition de tous. Le domaine public contribue à l’innovation et à la créativité dans tous les secteurs d’activité humaine.

Nous célébrons donc l’élévation au domaine public d’œuvres créées par des personnes décédées en 1970. Ceci signifie que la durée du droit d’auteur au Canada n’a pas encore été modifiée et donc, que « vie + 50 ans » s’applique toujours. Ce qu’un échange, sur Twitter, avec le professeur Micheal Geist a pu confirmer:


Confirmation par Micheal Geist de la durée droit d'auteur
Confirmation par Michael Geist de la durée droit d’auteur (Twitter)

Notre liste des « entrants » 2021

Cette année, nous n’avons pas réalisé de calendrier de l’avent, bien que la recherche des entrants de 2021 ait été initiée. Nous mettons plutôt de l’avant, les efforts qui sont nécessaires afin d’identifier des personnes comme auteur et selon la date de leur décès, en ayant à cœur une meilleure représentativité culturelle.

En toute transparence et à titre d’exemple, voici un extrait de courriels échangés:

Je me suis risquée à construire une grille d’entrant.e.s possibles (fichier CSL_sélection…ici joint) à partir de la liste de BAnQ retravaillée, de la requête SPARQL dans Wikidata et de sites. J’ai essayé de faire en sorte que ce soit équilibré (mais au Qc, identifier des créateurs morts en 1970 est un défi, repérer des créatrices, un défi plus grand encore et puis des créateurs et créatrices issu.e.s de la diversité, un défi beaucoup beaucoup plus grand). Heureusement qu’il y a Wikidata — mais pour le Québec et le Canada, ce n’est pas encore la panacée en ce qui concerne les défis susmentionnés…

Marie D. Martel

Nous avions donc préparé un fichier contenant le tableau de la compilation des entrants identifiés pour 2021. Et voici quelques ébauches de notules qu’une poignée de contributeurs a co-rédigées à distance lors du « télécafé » des savoirs libres un peu spécial de ce premier janvier.

Sélection canadienne

Antonio Drolet

Bibliothécaire, historien, ? – 1970

Drolet est bibliothécaire à la bibliothèque de l’Université Laval à partir de 1925. Il jouera aussi un rôle de conseiller technique au Centre d’archives de Québec. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages d’importance sur l’histoire de la ville de Québec et sur les bibliothèques dont Les bibliothèques canadiennes (1604-1960) ainsi que d’autres publications sur les bibliothèques paroissiales, la bibliothèque du collège des Jésuites, la bibliothèque du Séminaire de Québec et la bibliothèque de l’Université Laval.

Émile Coderre

Pharmacien, écrivain​​​​​​​, poète, 1893-1970

Mieux connu sous le pseudonyme de Jean Narrache, il est membre de l’École littéraire de Montréal et auteur de plusieurs oeuves, principalement de poésie qualifiée de populaire en raison de ses emprunts au récit et à la chanson. Il est récipiendaire en 1932 de la médaille d’argent de la Société des poètes canadiens-français.

Sources et références

Fannie Tremblay

Fanny Tremblay en 1909

Pseudonyme de Stéphanie Masse, comédienne et humoriste, 1885-1970

Celle qui a été une des vedettes des Fridolinades de Gratien Gélinas a fait de tout : enregistrer des sketches humoristiques, jouer dans des feuilletons radiophoniques, dans les premiers longs métrages québécois (Le Père Chopin (1945) de Fédor Ozep, Le Curé de village (1949), Un homme et son péché) et aussi dans un téléroman de Radio-Canada. Elle est enterrée au Cimetière Notre-Dame-des-Neiges à Montréal.

Sources et références

Judith Sainte-Marie

Artiste peintre, 1886–1970

Paysagiste et portraitiste québécoise, elle est née à Longueuil de Pierre Zotique Sainte-Marie et Azilda Sainte-Marie. Elle est la quatrième d’une famille de onze enfants. Partiellement sourde, elle parcourt avec son chevalet sous le bras les rives du Saint-Laurent et les routes de campagne dans les années 20, avant l’existence du Pont-Jacques cartier et la route 132. Elle peint à l’huile, à l’aquarelle et au fusain la vie rurale et la nature mais immortalise aussi des membres de sa famille et plusieurs peintres québécois qu’elle fréquente à cette époque dont le peintre Charles Gill et, en 1921, la peintre d’origine juive Regina Seiden, une portraitiste spécialisée dans les portraits de femmes associée au groupe de Beaver Hall. Au cours de sa vie, elle enseigne la peinture à une quarantaine d’élèves et voyage à New-York, dans le Bas-Saint-Laurent et au Nouveau-Brunswick.

Sources et références

Laura G. Salverson

Auteure canadienne, 1890-1970

Descendante d’immigrants Islandais dans les Prairies canadienne, les thèmes qui traversent l’œuvre de Laura G. Salverson sont, entre autres, la vie des immigrants dans l’Ouest, l’identité culturelle issue des pays nordiques et la perte identitaire qu’affronte les immigrants lors de leur assimilation à la société Canadienne. Salverson remporte le Prix littéraire du Gouverneur général en 1937 pour son œuvre pacifiste : The Dark Weaver et, en 1939, pour son autobiographie : Confessions of an Immigrant’s Daughter

Sources et références

Lawren Harris

Lawren Harris

Artiste peintre, 1885-1970

Considéré comme l’un des artistes canadiens les plus importants, il fait partie des fondateurs du Groupe des sept, ces jeunes peintres de Toronto qui ont marqué dans l’histoire de la peinture au Canada. Son œuvre Baffin Island détient le record parmi les toiles canadiennes vendues aux enchères.

Sources et références

Marc-Aurèle Fortin

Artiste peintre, 1888-1970

Fortin se consacre au paysage en célébrant la nature par une variété de techniques inventives: peinture à l’huile, aquarelle, gravure, dessin. « J’ai voulu, dira-t-il, créer une école du paysage canadien complètement détachée de l’école européenne. Il n’y a pas d’école typique canadienne où l’on ne sent aucune influence. J’ai été le premier à me dégager de cette emprise. »

Sources et références

Maud Lewis

Maud Lewis

Peintre folklorique canadienne, 1903-1970

Peinture naïve? primitive? folklorique? populaire? Que ce soit au regard de sa vie ou de son art, « hors du commun » est peut être l’adjectif décrivant le mieux cette artiste légendaire de Nouvelle-Écosse. Ces documentaires de l’ONF en hyperlien nous permettent de découvrir des peintures sans ombre qui continuent d’inspirer aujourd’hui.​​​​​​

Sources et références

Yvonne Duckett

Yvonne Duckett

Professeure de phonétique et d’art dramatique québécoise, 1889-1970

Celle qui se faisait appelée, Madame Jean-Louis Audet, consacre sa vie à l’amélioration du français oral des Québécois.e.s. à la radio de CKAC, de Radio-Canada comme dans les revues et les journaux (Revue de la Société du bon parler français, Le Devoir). Dans son École supérieure de diction française, au 3959 rue Saint-Hubert sur le Plateau, elle formera plusieurs générations d’artistes. Elle est l’autrice de deux ouvrages sur le sujet: Les monologues du petit-monde et Manuel de français oral: phonétique et diction.

Sources et références
  • Article Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Yvonne_Duckett
  • Le fonds d’archives de Madame Jean-Louis Audet est conservé à BAnQ (MSS289).
  • Une biographie lui est dédiée : Plus fort ! L’histoire de Madame Audet par Muriel Gold.

D’autres entrant.e.s notables dans cette catégorie:

  • Henri-Marie Bradet (religieux, éditeur)
  • Éloi de Grandmont (écrivain)
  • Nikos Kachtitsis (écrivain)
  • Gérard Morisset (historien de l’art)
  • Laura Poliquin (peintre)

Sélection internationale

Bertrand Russell

Bertrand Russell

Philosophe, logicien, Prix Nobel de littérature (1950), 1872-1970

Intellectuel engagé, défenseur de la philosophie scientifique, un des fondateurs de la philosophie analytique, l’oeuvre de Russell touche à toutes les grandes questions de la philosophie et a eu une influence déterminante sur le développement de cette discipline jusqu’à aujourd’hui. Né à Monmouthshire en 1872, au pays de Galle, il meurt à Penrhyndeudraeth, également au pays de Galle, après une carrière tumultueuse.

Sources et références

Edith Thomas

Romancière, archiviste, historienne et journaliste, 1909-1970

Après un diplôme d’archiviste-paléographe et un premier roman en 1933, Édith Thomas devient journaliste et réalise plusieurs reportages, notamment sur des questions sociales et sur la Guerre d’Espagne. Entrant dans la résistance durant la seconde guerre mondiale, elle contribue à la parution des Lettres françaises clandestines et co-fonde le Comité national des écrivains. Une fois la guerre terminée, elle se consacre à la rédaction de biographies et donne des conférences sur le rôle des femmes durant la résistance. Elle devient conservateur aux Archives nationales à partir de 1948.

Sources et références

Jean Giono

Écrivain, 1895-1970

Les œuvres de ce grand écrivain du 20e siècle furent marquées par deux univers différents. Inspiré par l’antiquité grecque et la littérature classique, il s’intéressa à la nature dans ses premières œuvres. Sa participation aux guerres mondiales, leurs retombées sociales ainsi que la réalité de la société à l’époque le poussèrent, à l’instar de Balzac, à explorer un autre univers: l’humain. Au-delà de ses romans et nouvelles, il écrivit aussi pour le cinéma. Le film d’animation de Frédéric Bach, L’homme qui plantait des arbres, que tout le monde connaît au Québec, est d’ailleurs une adaptation d’une de ses nouvelles qu’il écrivit en 1953.

Sources et références

Madeleine Sylvain-Bouchereau

Sociologue, éducatrice, féministe, 1905 -1970

Née en 1903 à Port-au-Prince et meurt en 1970 aux États-Unis, Madeleine Sylvain-Bouchereau fut la fille du grand homme politique et poète Georges Sylvain. Avocate, sociologue, éducatrice, elle fut connue pour sa grande lutte en faveur de l’égalité des femmes et la reconnaissance des droits de la femme dont le droit de vote. Elle créa en 1934 la Ligue féminine d’action sociale par laquelle un mouvement féministe vit le jour en Haiti. Son engagement permit à d’autres femmes de se former et de s’engager dans la politique.

Sources et références

Marie Menken

Artiste peintre et réalisatrice, 1909-1970

Née à Brooklyn de parents lituaniens, Marie Menkel débute sa carrière comme peintre avant de réaliser des films expérimentaux. Favorisant les prises de vue spontanées, elle explore différentes techniques à travers ses films, telles que l’animation, le collage ou l’animation image par image (stop motion). Son travail a influencé entre autre Stan Brakhage, Jonas Mekas, Kenneth Anger, Maya Deren et Andy Warhol.

Sources et références

Rudolph Carnap

Rudolph Carnap by Simona Trajkoska

Philosophe, logicien, 1891-1970

Rudolf Carnap est un des philosophes les plus importants du 20e siècle. Né en Allemagne, il obtiend son premier poste à Vienne en 1926 où il joint le Cercle de Vienne . Il est ensuite nommé professeur à Prague en 1931 et y reste jusqu’en 1935, date à laquelle il part pour les États-Unis. Il est naturalisé américain en 1941.

Sources et références

D’autres entrant.e.s notables dans cette catégorie:

  • Arthur Adamov (écrivain français d’origine russo-arménienne)
  • Shmuel Yosef Agnon (écrivain israëlien, prix Nobel de littérature)
  • Marie Beulah Dix (scénariste)
  • Louise Bogan (poète américaine)
  • Eunice Carter  (première procureure afro-américaine)
  • Eva Hesse (sculpteure américano-allemande)
  • Jimi Hendrix (musicien américain)
  • Janis Joplin (chanteuse américaine)
  • Louis Lomax (écrivain américain)
  • Yukio Mishima (écrivain japoais)
  • Barnett Newman (peintre américain)
  • Mark Rothko (peintre américain)
  • Leonie « Nelly» Sachs (poète autrichienne, prix Nobel de littérature)
  • Elsa Triolet (écrivaine d’origine franco-russe, première autrice à remporter le prix Goncourt);

ACÉUM: l’extension de la durée du droit d’auteur aura bien un impact sur les coûts

Dans cette évaluation économique de l’ACÉUM publiée par le gouvernement du Canada, celui-ci reconnaît que l’extension de la durée du droit d’auteur aura un impact sur les coûts, mais déclare ne pas pouvoir en estimer le montant. La perte de ce qui est perdu pour le domaine public peut varier d’une année à l’autre. Via Michael Geist sur Twitter.

Peut-on vendre sous licence des œuvres du domaine public?

Très bon topo de Michael Hiltzik sur la commercialisation discutable de photographies appartenant à l’état et/ou au #domainepublic.

Ne vous faites pas avoir!!! 😠

Projet de loi C-4 : Des bonnes nouvelles pour le domaine public canadien ?

Comment faut-il entendre ce tweet annonçant que la durée du droit d’auteur au Canada demeurerait inchangée dans le projet de loi C-4?

Les appréhensions de ceux et celles qui défendent le domaine public, la culture et les savoirs libres au sujet des nouvelles conditions entourant l’extension du droit d’auteur au sein de l’Accord commercial Canada-États-Unis-Mexique (ACEUM), demeurent bien réelles.

Le Canada, selon les termes de l’ACEUM, est, en effet, appelé à rejoindre la cohorte des pays « vie+70 », sur le modèle de la propriété industrielle, à la manière des États-Unis. Comment faut-il entendre ce tweet de Michael Geist annonçant que la durée du droit d’auteur au Canada demeurerait inchangée, dans le projet de loi C-4 présenté le 29 janvier dernier, et que le statut « vie+50 ans » pourrait être maintenu ⏤ ainsi que les Canadien.ne.s ont pu en bénéficier jusqu’à ce jour (et qui correspond également à la norme internationale)? Serait-ce véritablement le présage d’une excellente nouvelle pour le domaine public canadien?

En réalité, le mot important dans la déclaration de Michael Geist est « for now ». De fait, le Canada demeure lié sous le couvert d’un traité international dûment signé. Il est peu probable que l’absence de ce volet contractuel dans le projet de loi actuel, que l’on jugerait pourtant bien opportune, soit pérenne. On peut plutôt s’attendre à des aménagements ultérieurs du dit projet de loi reflétant les termes contractuels de l’ACEUM pour sa mise en oeuvre. Dans les circonstances, notre seule véritable chance réside encore dans un mouvement de fond visant à dénoncer le contenu de cet accord concernant le droit d’auteur et ses conséquences sur le domaine public canadien, sur la culture et l’éducation libres.

La valeur éducative et scientifique du domaine public

Jour 8 du Calendrier de l’avent du domaine public 2020

Les membres du Café des savoirs libres s’activent en coulisse pour célébrer quelques grandes figures de la littérature, des Beaux-Arts, de la science, du journalisme ou de la politique dont les œuvres sous droit d’auteur s’élèveront dans le domaine public canadien dans quelques jours.

Il s’agit là d’un patrimoine inestimable et nous le tenons souvent un peu trop pour acquis. Ces calendriers sont pour nous une façon de le célébrer mais aussi de rappeler à quel point il est précieux — à quel point, plus que jamais, il est important de nous mobiliser afin de le protéger.

Micheline TremblayJe voudrais dire un gros merci du fond du cœur à Micheline Tremblay, ex-professeure de littérature canadienne française à l’Université Laurentienne, autrice et romancière, qui m’a très gentiment reçu la semaine dernière. Deux jours plus tôt, elle emménageait avec son époux dans une belle maison de retraite où ils passeront tous deux — je le leur souhaite! — des jours heureux. Le petit reportage qui suit est pour nous une première, mais certainement pas le dernier. Accrochez vos tuques, cliquez et c’est parti:

Madame Tremblay rejoint ainsi le petit groupe de chercheurs qui, aux côtés de bibliothécaires et autres passionnés de l’édition, s’intéressent et participent à ce travail de mémoire. Car, non seulement est-il possible (que dis-je, souhaitable!😄) d’utiliser nos Calendriers dans le cadre de toutes sortes d’activités pédagogiques, il n’est pas interdit d’y participer d’une manière ou d’une autre. Par exemple:

  • Préparation (personnelle ou collective) de notules et billets;
  • Création, correction ou enrichissement de pages Wikipedia;
  • Libération de droit sur des des articles, ouvrages ou documents;
  • Co-création (comme ici) de nouveaux contenus audio ou vidéo.

Hier, en réunion avec Marie et Pierre, nous nous disions qu’il faudrait inviter systématiquement des profs et des chercheurs, de tout niveau, à prendre en charge certains de nos « entrants » ou, au minimum, à collaborer avec nous dans leur célébration, comme l’a si bien fait Micheline Tremblay.

D’ailleurs, tout le monde y gagne! Nous, bien sûr, qui enrichissons ainsi la valeur éducative et médiatique de nos Calendriers, le public qui nous suit, qui découvre, qui réfléchit, mais également les chercheurs et enseignants eux-même qui bénéficient d’une perspective différente. Ils ont la possibilité d’y glaner des données, des réflexions, des angles auxquels ils n’avaient pas encore pensé.

Ainsi, hier matin, après avoir lu mon billet sur Virginie Dussault, Madame Tremblay m’a écrit ceci:

WOW! Quel beau travail. Vous m’avez appris beaucoup de choses sur Virginie Dussault et je regrette de ne pas avoir poussé plus avant, à l’époque, mes recherches. Je vous félicite et, croyez-moi, cela m’a incitée à parcourir d’autres textes du Café de savoirs libres. Merci encore.

À mon tour de dire « Wow! ». Qui suis-je pour donner des leçons à une professeure d’université mille fois plus au fait que moi de son sujet?

Comprenons bien que le travail d’analyse littéraire qu’elle a effectué dans le cadre de ses fonctions universitaire puis lors de la réédition du roman de Virginie Dussault, en 2003, reste la base précieuse et incontournable de notre compréhension contemporaine de l’œuvre de cette dernière. Reste qu’au début du 21ème siècle, les outils de recherche numériques que nous prenons aujourd’hui pour acquis, eux aussi, n’existaient pas.

Grâce aux collections numériques de Bibliothèques et Archives nationales du Québec, il est devenu beaucoup plus facile d’élargir le champ de nos recherches en les recoupant avec des observations relevant non pas seulement de la littérature, mais également de l’histoire ou d’autres disciplines. Même pour un profane ex cathedra comme moi. Cet outil est également très précieux. Lui aussi, nous devons le protéger.

Si ce genre de trouvaille et d’enrichissement de nos savoirs anciens est encore possible, c’est grâce à l’accessibilité des œuvres et travaux du passé. Personnellement, j’ai été quelque peu déçu de ne pouvoir consulter la thèse de doctorat de Guildo Rousseau qu’en sortant ma carte de crédit, alors qu’elle a été cofinancée par les impôts des Québécois et ne recèle pas vraiment de valeur commerciale. Pourquoi barrer ainsi les chemins du savoir? Cette thèse est à la fois un objet scientifique et un bien commun qui devrait être accessible à tous!

À bon entendeur, salut… et à demain matin pour un nouvel « entrant ! 🙂

Le Calendrier de l’Avent du domaine public de retour pour son 5e anniversaire!

Hommes au travail, 1943 (domaine public)
Ouvriers au travail sur Bleury et Ste-Catherine (1943), par Conrad Poirier (domaine public).

Le Calendrier de l’Avent du domaine public est de retour pour une cinquième année! Le cortège des entrantes et des entrants dont les créations entreront dans le domaine public en 2020 se prépare fébrilement en coulisse. Nous les adoptons, souvent au hasard, et après quelques coups de plumeau et deux ou trois clics1; nous les redécouvrons dans toute leur splendeur sous le réconfortant soleil du désoubli, pour notre plus grand plaisir et le vôtre.

Chaque jour du mois de décembre, un nouvel entrant ou une nouvelle entrante sera révélé(e), des informations sur leurs œuvres libérées nous invitant à reprendre le fil de cette grande conversation que notre ingrate mémoire, s’étiolant, avait nonchalamment interrompue.

Le domaine public rassemble l’ensemble des œuvres de l’esprit pour lesquelles les droits d’auteur et d’autrice sont expirés. Au Canada, l’expiration des droits se produit 50 ans après la mort du créateur ou de la créatrice. En vertu de ces termes, les œuvres deviennent librement accessibles et il est désormais possible de les partager, de les copier ou remixer sans demander d’autorisation ni payer de redevance. Ces sont des communs et des trésors patrimoniaux. Malheureusement, ces conditions juridiques qui prévalent actuellement pourraient ne pas subsister très longtemps. L’initiative du Calendrier pourrait donc tirer à sa fin.

Dans le rétroviseur

Dans les circonstances, nous avons décidé de souligner avec faste le cinquième anniversaire de ce projet fou en célébrant, aux côtés des nouveaux entrant(e)s, cinq figures de femmes dont les œuvres appartenaient déjà au domaine public canadien avant l’existence du Calendrier2.

À cette sélection canadienne dans le rétroviseur, nous avons ajouté une autrice américaine et une artiste mexicaine pour faire un clin d’œil à l’accord commercial Canada-États-Unis-Mexique dont les nouvelles conditions sont susceptibles d’entraîner la prolongation de la durée du droit d’auteur au Canada — en compromettant du même coup l’équilibre entre le droit d’auteur et celui des usagers et usagères tel qu’il est établi au Canada depuis plusieurs décennies.

L’aventure du Calendrier se déroule en parallèle avec celle de nos collègues français. La célébration conjointe des communs du domaine public met ainsi de l’avant, notamment et jusqu’à ce jour, le décalage entre les pays « vie+50 » et « vie+70 » pour en faire un exercice pédagogique.

Bref, ça commence demain:

Pleins feux sur les entrant(e)s du domaine public canadien!

[présentation] Le Calendrier de l’Avent du domaine public au menu de la #SQIL2019 #JILL2019

Semaine québécoise de l'informatique libre

La Journée internationale du logiciel libre (JiLL),  ce samedi le 21 septembre, est célébré dans des dizaines de villes à travers le monde depuis 2004. Cet événement international inaugure la Semaine québécoise de l’informatique libre (SQiL) qui se déroule du 21 au 29 septembre 2019.

Rush Hour (Conrad Poirier)À l’invitation de FACiL et du Club Cédille, j’ai  présenté le Café des savoirs libres et le Calendrier de l’Avent qui est en préparation pour sa 5e édition.

Le grand public de la région de Montréal et les acteurs et actrices de la communauté du libre étaient invité(e)s à l’École de Technologie Supérieure (1100, rue Notre-Dame Ouest) à cette occasion.

Voici le support de présentation de cette communication :

Le nouveau manifeste pour le domaine public

Ce « nouveau » manifeste est une réécriture du Public Domain Manifesto, initialement publié par Communia et traduit par Philippe Aigrain. Il a été révisé lors de l’événement Publishing Sphere 2019 à la lumière des critiques énoncées par Richard Stallman pour justifier son refus d’y adhérer et de le signer. La nouvelle version du texte adopte aussi une rédaction inclusive avec la parité linguistique des termes auteur et autrice — sauf pour le terme « droit d’auteur ».

» Consultez le nouveau manifeste!

Lancement des deux livres libres pour la Journée du livre et du droit d’auteur

Page du roman "Le Survenant" (détail)À l’occasion de la Journée du livre et du droit d’auteur le 23 avril prochain, et pour célébrer la diversité des pratiques d’écriture et de lecture ainsi que des licences qui les encadrent, le Café des savoirs libres lancent deux nouveaux epubs !

Ces livres en format libre ont été écrits par deux autrices emblématiques de la littérature nationale dont les œuvres se sont élevées dans le domaine public canadien en 2019 : Germaine Guèvremont et Margaret Duley – et qui ont été présentées dans le dernier Calendrier de l’Avent du domaine public.

Ce lancement est aussi celui d’un projet éditorial éducatif porté par le Café des savoirs libres visant à publier quelques titres par année à l’enseigne d’une collection consacrée à la création, au partage et à valorisation des communs de la littérature. Bonne lecture de la part des Éditions du CSL !

La Wikimedia Foundation célèbre le domaine public 2019

Cet article bien intéressant, partagé sur Facebook par Marie D. Martel, rappelle les concepts et le contexte américain du domaine public: Here’s why we’re celebrating the public domain in 2019

Cet article bien intéressant, partagé sur Facebook par Marie D. Martel, rappelle les concepts et le contexte américain du domaine public:

Here’s why we’re celebrating the public domain in 2019